Candidater à l'ETH quand on est français : ce qui change
Pour qui ? Lycéens français et leurs parents qui veulent savoir ce qui distingue concrètement une candidature à l'ETH d'une candidature britannique ou américaine, entrée 2027.
Sommaire
| Élément | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|
| Langue du bachelor | 100 % en allemand ; certificat C1 exigé au plus tard le 31 mars |
| Format d'admission | pas d'entretien, pas de personal statement, pas de college ; admission sur critères ou examen |
| Bac français | baccalauréat général reconnu via un accord bilatéral (mention L & B) |
| Admission sans examen | possible avec mention très bien (16/20) et les matières requises |
| Sinon | examen d'admission réduit (4 matières, de l'ordre de CHF 550), en allemand, en janvier |
| Alternative romande | bachelor à l'EPFL (Lausanne, en français), puis master à l'ETH (souvent en anglais) |
| Frais de scolarité | Groupe 2 (Français) de l'ordre de CHF 4 380 par an ; coût de la vie élevé, environ CHF 22 100 par an |
| Séjour | ressortissant UE : pas de visa, mais permis de séjour B à déclarer à l'arrivée |
Candidater à l’ETH quand on vient de France ne ressemble ni à une candidature britannique ni à une candidature américaine. Ici, pas d’entretien, pas de personal statement, pas de college, et pas de taux d’admission concurrentiel unique. Le vrai filtre est ailleurs : la langue. Le bachelor se déroule à 100 % en allemand, avec un certificat C1 exigé. La bonne nouvelle, c’est que la France bénéficie d’un accord bilatéral de reconnaissance : un baccalauréat général avec mention très bien peut ouvrir l’admission sans examen, sinon un examen d’admission réduit s’applique. Tous les chiffres sont à vérifier sur ethz.ch.
Le vrai filtre : l’allemand, pas un taux d’admission
Contrairement à une idée reçue, l’ETH ne trie pas ses candidats par un taux d’admission spectaculaire. Il n’y a pas de numerus clausus général, sauf pour la médecine humaine, cas très particulier. L’admission repose sur la reconnaissance du diplôme ou sur un examen, sans entretien ni dossier de personnalité. Le filtre déterminant est triple : la langue d’abord, l’examen d’admission ensuite lorsque le diplôme ne suffit pas, et enfin la redoutable première année, dont l’examen de base est éliminatoire et connaît un fort taux d’échec.
Pour un Français, tout commence donc par l’allemand. Le bachelor est intégralement germanophone, et un certificat de niveau C1 (Goethe-Zertifikat, telc, TestDaF ou ÖSD) est exigé au plus tard le 31 mars, avec une validité de moins de deux ans. L’anglais n’est pas accepté à ce niveau. Ce chantier se prépare dès la première : il est détaillé dans notre guide allemand à l’ETH.
Bac français reconnu : l’accord bilatéral
La France dispose d’un accord bilatéral de reconnaissance avec l’ETH, une situation favorable. Seul le baccalauréat général est concerné : le bac technologique ou professionnel seul n’ouvre pas la même voie. Cet accord signifie qu’un bon dossier de bac général peut, sous conditions précises, donner une admission sans examen.
Les conditions portent à la fois sur les matières suivies en première et terminale (mathématiques à bon niveau, une science expérimentale, la langue d’enseignement ou une langue vivante), sur les moyennes obtenues et sur la mention finale. Le détail figure dans notre guide conditions d’admission de l’ETH. L’essentiel à retenir : la reconnaissance existe, mais elle est conditionnée, et il faut vérifier ligne à ligne son profil.
Mention très bien ou examen d’admission réduit
C’est le point qui décide de votre parcours. Avec une moyenne finale d’au moins 16/20, soit une mention très bien, les matières requises suivies durant les deux dernières années et des moyennes d’au moins 14/20 dans les matières clés, l’admission peut se faire sans examen. En dessous de ce seuil, un baccalauréat général reconnu relève de l’examen d’admission réduit de l’ETH : quatre matières, de l’ordre de CHF 550, passées en allemand.
Cet examen se tient une fois par an, en hiver, avec des écrits en début de session et des oraux ensuite, au bâtiment principal. Le calendrier mérite attention : on candidate en ligne avant le 31 mars, on passe l’examen en janvier, et on entre en septembre. Pour situer votre moyenne face à ces seuils, notre convertisseur de notes donne un premier repérage, et le déroulé complet est exposé dans notre guide examen d’admission de l’ETH.
L’alternative EPFL : bachelor en français, master à l’ETH
Beaucoup de francophones butent sur la même marche : l’allemand. Il existe une alternative solide, l’EPFL de Lausanne, école sœur romande de l’ETH, où l’enseignement se fait en français. Une trajectoire très courante consiste à faire son bachelor à l’EPFL, dans sa langue, puis à rejoindre l’ETH en master, souvent enseigné en anglais. L’anglais étant la langue de la plupart des masters de l’ETH, cette porte d’entrée est fréquente pour les Français.
Ce n’est pas un plan de repli, mais un vrai choix stratégique, à peser selon votre niveau d’allemand, votre projet et le calendrier. Aucune de ces voies ne garantit l’admission, mais chacune se prépare différemment. Pour comparer, consultez notre pôle EPFL et notre panorama étudier en Suisse, qui replace ces deux écoles dans le système suisse.
Frais bas, vie chère : le budget zurichois
Côté finances, la surprise est plutôt bonne. Un étudiant français relève du Groupe 2, avec un écolage de l’ordre de CHF 2 190 par semestre, soit environ CHF 4 380 par an : très bas au regard du Royaume-Uni ou des États-Unis, même après le triplement entré en vigueur à l’automne 2025. Le poste qui pèse, ce n’est pas l’écolage, c’est le coût de la vie.
Zurich figure parmi les villes les plus chères d’Europe. L’ETH estime le coût de la vie de l’ordre de CHF 22 100 par an, ce qui porte le budget global d’un Français autour de CHF 28 000 par an, soit environ CHF 2 300 par mois. L’assurance maladie suisse est obligatoire. Ce budget est détaillé dans notre guide coût de la vie à l’ETH.
Pas de visa, mais un permis de séjour B
Bonne nouvelle administrative : en tant que ressortissant UE, vous bénéficiez de la libre circulation et n’avez donc pas de visa étudiant à demander pour la Suisse. Vous devez en revanche déclarer votre arrivée et obtenir un permis de séjour B UE/AELE auprès de la commune ou du canton, en général dans les 14 jours suivant votre arrivée et avant le début des cours.
Les justificatifs habituels sont l’attestation d’immatriculation, la preuve de moyens financiers suffisants, l’assurance maladie et une adresse. L’immatriculation à l’ETH suit son propre circuit, avec remise des documents originaux et envoi de la carte d’étudiant. Ces démarches d’installation sont reprises dans notre guide après l’admission à l’ETH.
Par où commencer
Préparer l’ETH depuis la France demande de trancher tôt trois questions : votre niveau d’allemand, la voie visée (admission directe ou examen réduit) et l’opportunité d’un détour par l’EPFL. C’est exactement ce travail de clarification que nous menons avec vous chez Next Step, sans promesse d’admission et en vérifiant chaque règle à la source officielle. Pour en parler, contactez-nous.
Étape par étape
Vérifier que votre bac est reconnu
Seul le baccalauréat général est reconnu par l'ETH, via l'accord bilatéral France-Suisse (mention L & B). Le bac technologique ou professionnel seul ne suffit pas. C'est le point de départ de toute candidature française.
Situer votre profil : admission directe ou examen réduit
Avec une mention très bien (moyenne finale de 16/20 ou plus), les matières requises suivies en première et terminale et des moyennes d'au moins 14/20 dans les matières clés, l'admission peut se faire sans examen. Sinon, l'ETH demande un examen d'admission réduit.
Prendre l'allemand au sérieux très tôt
Le bachelor est intégralement en allemand. Un certificat de niveau C1 (Goethe, telc, TestDaF, ÖSD) est exigé au plus tard le 31 mars, et de moins de deux ans. C'est le vrai chantier à lancer dès la première.
Envisager l'alternative EPFL
Si l'allemand n'est pas atteignable à temps, beaucoup de francophones font leur bachelor à l'EPFL de Lausanne, en français, puis rejoignent l'ETH en master, souvent enseigné en anglais. C'est une trajectoire légitime, à comparer sereinement.
Candidater via eApply dans les temps
La candidature en ligne eApply ouvre du 1er décembre au 31 mars à 23h59, sans aucune tolérance de retard. Le certificat d'allemand est aussi attendu pour le 31 mars. Si un examen est requis, il se passe en janvier, pour une entrée en septembre.
Bâtir un budget et anticiper le permis B
Chiffrez les frais du Groupe 2 (de l'ordre de CHF 4 380 par an) et surtout le coût de la vie zurichois. En tant que ressortissant UE, vous n'avez pas de visa à demander, mais un permis de séjour B à déclarer à votre arrivée.
Vérifier chaque détail à la source
Les dates, montants et conditions évoluent. Confirmez toujours les règles applicables à la France sur les pages officielles ethz.ch avant de figer votre stratégie pour l'entrée 2027.
Erreurs fréquentes à éviter
Questions fréquentes
Qu'est-ce qui change vraiment pour un Français par rapport au Royaume-Uni ?
Presque tout le format : pas d'entretien, pas de personal statement, pas de college. L'admission repose sur la reconnaissance du diplôme ou un examen, et le vrai filtre est l'allemand, avec un certificat C1 exigé au 31 mars.
Mon baccalauréat français est-il reconnu par l'ETH ?
Oui, le baccalauréat général est reconnu grâce à un accord bilatéral France-Suisse. Avec une mention très bien et les matières requises, l'admission peut se faire sans examen ; sinon, un examen d'admission réduit s'applique.
Puis-je étudier en anglais à l'ETH ?
Pas en bachelor : il est 100 % en allemand et l'anglais n'y est pas accepté. L'anglais est en revanche la langue de la plupart des masters, ce qui en fait une porte d'entrée fréquente pour les francophones.
Vaut-il mieux viser l'EPFL puis l'ETH ?
C'est une trajectoire courante : faire son bachelor à l'EPFL (Lausanne, en français), puis rejoindre l'ETH en master. À comparer selon votre niveau d'allemand, votre projet et le calendrier, sans certitude d'admission à l'une comme à l'autre.
Ai-je besoin d'un visa pour étudier en Suisse ?
Non. En tant que ressortissant UE, vous bénéficiez de la libre circulation : pas de visa étudiant. Vous devez toutefois déclarer votre arrivée et obtenir un permis de séjour B auprès de la commune ou du canton, en général dans les 14 jours.
Le coût est-il un obstacle ?
Les frais de scolarité sont très bas (de l'ordre de CHF 4 380 par an pour un Français). C'est le coût de la vie à Zurich, de l'ordre de CHF 22 100 par an, qui pèse le plus lourd et qu'il faut budgéter sérieusement.
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